Liste de 16000 soldats Napoléoniens faits prisonniers et morts (1810-1814)
Titre complet : Liste de seize mille militaires Français ou au service de France, faits prisonniers de guerre de 1810 à 1814, et qui sont morts en Russie, en Pologne et en Allemagne, suivie d’une autre liste de militaires encore vivans en Russie
Dépôt / badge : BnF – Gallica
Période couverte : 1810‑1814
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Résumé
- Identifiant / Cote : ark:/12148/bpt6k6365873s (Gallica)
- Typologie : source militaire – listes nominatives de prisonniers / décès
- Volume : 130 pages (édition imprimée H. Guillemé, 1826)
- Communicabilité : domaine public (œuvre de 1826)
- Supports disponibles : original imprimé ; numérisation PDF haute définition Gallica
Description détaillée
- Producteur / auteur : compilé par E. G. C. Mehliss (Paris, 1826), à partir de documents établis par les autorités russes, prussiennes et françaises.
- Périmètre géographique : camps et hôpitaux de prisonniers en Russie, Pologne (duché de Varsovie) et États allemands.
- Particularités paléographiques : impression typographique début XIXᵉ s. ; orthographe d’époque (ex. vivans, Allemagne), patronymes parfois germanisés ou translittérés du cyrillique.
Contexte historique
Entre 1809 et 1814, l’Empire napoléonien affronte tour à tour l’Autriche, la Russie, la Prusse et leurs alliés. Deux campagnes se révèlent particulièrement meurtrières pour l’infanterie française :
- La campagne de Russie (juin‑décembre 1812). Sur près de 450 000 soldats de la Grande Armée, moins de 100 000 regagnent le territoire impérial. Les autres meurent de maladie, de fatigue ou sont faits prisonniers lors des batailles de la Moskova, de Viazma, ou durant la retraite catastrophique sur la Bérézina. Déportés vers les camps de Kalouga, Vyatka ou Orel, nombre d’entre eux succombent au scorbut et au typhus pendant l’hiver 1812‑1813.
- Les campagnes d’Allemagne et de Saxe (avril‑octobre 1813). Après la défaite de Leipzig (« Bataille des Nations », 16‑19 octobre 1813), quelque 30 000 Français se rendent à la coalition. Internés dans les hôpitaux militaires de Prusse, de Silésie et de Bohême, ils sont ensuite déplacés vers des dépôts plus au nord (Spandau, Küstrin, Stettin) où sévissent dysenterie et fièvres de marais.
Parallèlement, les guerres d’Espagne et de Pologne (1810‑1811) génèrent leur lot de captifs transférés à travers l’Europe. La désorganisation administrative de la fin de l’Empire complique le rapatriement et la prise en charge des prisonniers. C’est dans ce contexte que Mehliss entreprend, au début de la Restauration, de dresser un état civil des disparus afin d’aider les familles et les caisses de pensions.
Intérêt généalogique
- Données extraites : nom, prénom, grade, unité, lieu et date (supposées) de décès ou de détention prolongée.
- Populations concernées : soldats français et alliés au service de la France (Suisses, Hollandais, Italiens, Belges, Allemands du Rhin).
- Richesse / lacunes : sur‑représentation de l’année 1812 ; rares mentions pour 1814 après la première abdication.
Pièges fréquents
- Homonymies. Patronymes répandus (MARTIN, BERNARD…) : croisez avec le régiment et la classe ; cf. pages 25‑37.
- Orthographe variable. Lefebvre peut apparaître LEFÈVRE, LEFÉBRE ou LEFÉVRE.
- Absence ≠ preuve. Certains prisonniers morts en marche ne sont pas enregistrés ; complètez avec les registres matricules en ligne (Mémoire des hommes) ou les séries SHD‑GR.
Ressources
- Gallica BnF – Numérisation haute définition de l’ouvrage (ark:/12148/bpt6k6365873s).
- Mémoire des hommes – Base « Registres matricules napoléoniens » (Service historique de la Défense) : accès gratuit en ligne à plus de 600 000 fiches soldats (https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/).
- Geneanet – Notice bibliographique et index nominatif (130 p.) de la liste Mehliss.
- Fondation Napoléon – Prisoners of War 1800‑1815 (bibliographie, PDF).
- Archives complémentaires : dossiers de pensions « Veuves de militaires » (Archives nationales, série Yj) ; registres matricules de la Garde impériale (SHD, séries GR 20 YC et GR 21 YC).
