Liste des filles demoiselles reçues dans la Maison royale de Saint‑Louis (1686‑1766)
Maison royale de Saint‑Louis, Saint‑Cyr‑l’École – publication de 1879 d’après les archives du Cabinet des titres
Dépôt : Bibliothèque nationale de France – département Réserve/Gallica
Période couverte : 1686‑1766
Résumé
| Champ | Détail |
|---|---|
| Cote / notice | BnF : RES 8 ° Impr. 27903 ; ark:/12148/btv1b9006820p |
| Typologie | Registre d’admission – œuvres pieuses royales / Noblesse |
| Volume | 1 vol. imprimé (69 p.) |
| Communicabilité | Domaine public – libre consultation et téléchargement |
| Supports | Papier imprimé ; Numérique (PDF & images HD OCR) |
Contexte historique
La Maison royale de Saint‑Louis est fondée le 1ᵉʳ juin 1686 par Louis XIV sur les instances de Madame de Maintenon. Destinée à l’instruction de 250 jeunes filles de la noblesse appauvrie, l’établissement s’inscrit dans la volonté monarchique de réconcilier la Couronne avec la noblesse d’épée après les troubles de la Fronde et les guerres européennes de la fin du XVIIᵉ siècle. Véritable pendant féminin des collèges d’élite (Pages, Mousquetaires), il a pour mission d’assurer une formation religieuse, littéraire et morale afin de préparer les pensionnaires au mariage ou à la vie conventuelle.
Chronologie rapide
- 1686 : Ouverture officielle à Saint‑Cyr‑l’École, bâtiments de Jules Hardouin‑Mansart ; prise en charge par la congrégation des Dames de Saint‑Louis.
- 1692‑1694 : Premières représentations publiques (Esther puis Athalie de Racine) qui assoient le prestige culturel de l’institution.
- 1715‑1723 : Régence : réduction provisoire des dotations royales, mais maintien grâce aux rentes affectées par Louis XIV.
- 1748‑1751 : Réévaluation des preuves de noblesse après la guerre de Succession d’Autriche ; consolidation des archives au Cabinet des titres.
- 1760‑1766 : Réformes disciplinaires menées par l’évêque de Chartres ; distinction entre grand couvent (12‑20 ans) et petit couvent (7‑11 ans).
- 1793 : Suppression révolutionnaire et transformation des bâtiments en hôpital militaire (hors période de la présente liste).
Cadre institutionnel
Le recrutement repose sur la preuve de seize quartiers de noblesse authentifiée par le Cabinet des titres de la Bibliothèque du Roi. Les élèves, âgées de 7 à 12 ans lors de l’admission, s’engagent à demeurer au pensionnat jusqu’à leurs 20 ans. L’enseignement, conforme à la pédagogie dévote de la fin du Grand Siècle, comprend : catéchisme, latin rudimentaire, littérature française, histoire sainte, travaux d’aiguille, musique et danse. Cette éducation explique la graphie souvent « modernisée » des patronymes dans l’édition de 1879.
Bilan en 1766
À la clôture de notre période, la Maison royale compte plus de 3 000 demoiselles admises depuis l’origine. L’établissement demeure un instrument de régulation sociale, garantissant à la noblesse provinciale un avenir décent pour ses filles cadettes, tout en renforçant la fidélité des lignages à la Monarchie.
Description détaillée
Producteur — Tenue par la Maison royale de Saint‑Louis dès l’ouverture (juin 1686), la liste recense chaque élève reçue jusqu’en 1766. La version imprimée est éditée en 1879 par le comte David Du Boys de Riocour, d’après les registres du Cabinet des titres de la BnF. (books.google.com)
Historique de la formation du fonds — À leur entrée, les « demoiselles » devaient justifier de seize quartiers de noblesse ; les preuves jointes composent aujourd’hui la célèbre série Preuves de noblesse des filles demoiselles reçues… (gallica.bnf.fr). L’édition de 1879 condense ces dossiers en une table alphabétique enrichie des dates d’admission et, le cas échéant, de mariage ou décès.
Périmètre géographique — Toute l’étendue du royaume de France : on y rencontre aussi bien des familles nivernaises que bretonnes, provençales ou canadiennes (Nouvelle‑France).
Particularités paléographiques / linguistiques — Orthographe d’Ancien Régime conservée (ex. de La Rochefoucault), abréviations courantes († pour décédée), parfois latinisation des prénoms. L’impression du XIXᵉ s. facilite cependant la lecture.
Intérêt généalogique
- Filiations nobles certifiées : noms des parents, rang et charges ; précieuse pour vérifier/établir seize quartiers.
- Âge et lieu d’origine de l’élève, indication indirecte de la naissance lorsqu’aucun baptême n’est conservé.
- Destin ultérieur (date de mariage, nom de l’époux, décès) permettant de suivre les branches féminines souvent absentes des généalogies agnatiques.
- Série complémentaire idéale pour croiser avec : registres paroissiaux, contrôles des actes de noblesse, dossiers d’officiers, etc.
Périodes particulièrement riches : 1686‑1720 (entrées massives lors de la fondation) ; quelques lacunes entre 1751‑1753.
Pièges fréquents
- Homonymies : plusieurs Demoiselles de Montmorency ; vérifiez diocèse et date d’entrée.
- Âge ≠ date de naissance : l’âge est celui du jour d’admission ; recalculer l’année de naissance avant de l’ajouter dans un arbre.
- Patronymes féminisés : le nom peut apparaître sous une graphie féminine (La Vallière → de La Vallière), ou tronquée pour les particules.
- Admissions refusées non listées ; consulter les preuves de noblesse pour repérer les dossiers incomplets.
Ressources
- Preuves de noblesse des filles demoiselles reçues… (4 vol., Gallica). (gallica.bnf.fr)
- Archives nationales, série O¹ 2030‑2043 : dossiers individuels des élèves.
- Article : Des Méridionales à la cour : l’exemple des demoiselles de Saint‑Cyr (1686‑1793), Bulletin du CRCV, 2014. (journals.openedition.org)
- Notice HathiTrust (copie OCR, recherche plein‑texte). (catalog.hathitrust.org)
- Riocour, David Du Boys de (éd.), Liste des filles demoiselles reçues dans la Maison de Saint‑Louis fondée à Saint‑Cyr par le Roi : 1686‑1766, Paris, J.‑B. Dumoulin, 1879, 69 p.
- Bibliothèque des Archives des Yvelines, notice n°9c468d61‑278e‑411e‑af45‑e3787c9bf9ac (ex. numérisé). (bibliotheque-archives.yvelines.fr)
